Écoute classique à domicile : Philippe Jaroussky et Thibaut Garcia, Attacca Quartet et plus

Dans leur premier album commun, À sa guitare (Erato), le duo français de contre-ténor star Philippe Jaroussky et guitariste classique Thibaut Garcia donnent leur regard éloquent sur la musique de la Renaissance à la fin du 20e siècle. Puisant dans les répertoires français, espagnol, italien et anglais, leur récital éclate d’inattendu : le son pur de Jaroussky, qui chante toujours dans le registre de fausset et surtout connu pour son expertise de l’opéra baroque, affrontant les quatre personnages de l’Erlkönig de Schubert. , l’ingéniosité adroite de Garcia faisant oublier que sa partie tonitruante a été écrite pour piano ; l’enchaînement saisissant d’un morceau pour guitare solo du Brésilien Dilermando Reis (1916-77) à la chanson élégiaque du soir de Mozart Abendempfindung, K523.

Il y a bien plus, de Poulenc et Fauré à Rossini, Lorca, Purcell, Dowland et Britten. Je suis toujours dubitatif sur le concept de musique de fin de soirée, mais la version enfumée et sensuelle du duo de septembre de la chanteuse parisienne Barbara a forcé une refonte. Les puristes, existent-ils encore ? – pourrait frémir à cet élégant manège, mais pour nous autres, c’est un album plein de plaisirs.

Les Quatuor d’attaque, les New-Yorkais exubérants qui jouent au plus haut niveau et apportent de nouvelles perspectives au répertoire du quatuor à cordes, ont mélangé la musique de la Renaissance et le minimalisme du 20e siècle sur leur nouvel album, De Toutes les joies (Sony). Le titre, approprié pour une entreprise de verrouillage, vient de la chanson pour luth de John Downland Flow My Tears (Lachrimae): « Et les larmes et les soupirs et les gémissements de mes jours fatigués/De toutes les joies ont privé » – inclus ici dans sa version instrumentale doucement angoissée.

De proches contemporains de Dowland figurent également : le Miserere de Gregorio Allegri, dans cet arrangement, se métamorphosant en une contemplation mélancolique et prolongée ; le madrigal Weep O Mine Eyes de John Bennet nouvellement poignant sans le texte original ni les voix. En complément et en contraste, le célèbre Quatuor à cordes n° 3 « Mishima » de Philip Glass est la pièce maîtresse, avec Summa d’Arvo Pärt pour ouvrir le disque et, en guise d’adieu feutré, ses Fratres. Réfléchi et enrichissant tout au long.

Le compositeur britannique Mark-Anthony Turnage (b1960), inventif, intrépide, un original infatigable, est le sujet de cette semaine Compositeur de la semaine. Il parle à Donald Macleod de son enfance dans la Grande-Bretagne des années 1980, du football, de Thatcher, du jazz et plus encore. Du lundi au vendredi, 12h, BBC Radio 3.

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