Revue des cages – la comédie musicale rock holographique est une morne dystopie

UNnhedonia est une condition qui rend la victime incapable d’éprouver du plaisir. Dans la comédie musicale rock Cages, qui mêle performance live et hologrammes, film et animation, c’est aussi le nom d’une ville dystopique grise où l’esthétique est très Tim-Burton-meets-expressionnisme-allemand et toute démonstration d’émotion est interdite. Caché dans l’ombre se cache le compositeur Woolf, qui voit en Madeline, sa muse pixie-ish, la perspective du véritable amour. La musique peut-elle les aider à surmonter leurs obstacles ?

Le plus important auquel Cages est confronté est la technologie même qui agit comme son argument de vente. Selon les premières informations, les hologrammes de pointe – une amélioration par rapport à l’époque où la tête flottante de Laurence Olivier était projetée sur la scène du théâtre Dominion pour Time – seront indiscernables des acteurs en direct. Mais la disparité chaque fois que Woolf (joué dans la chair par CJ Baran) interagit avec Madeline (Allison Harvard sous forme virtuelle) n’est que trop évidente. Pas étonnant que l’histoire d’amour se sente sans effusion de sang quand elle dépend des marques de frappe et des lignes de vue correspondantes, plutôt que de la chimie et des rapports à l’ancienne. Cela n’aide pas que les personnages communiquent via des intertitres de films muets, avec un narrateur (Harwood Gordon, un autre hologramme) qui parle tout seul.

Coulé par sa propre technologie… Cages.

Des scènes de foule filmées montrant des rangs de la police secrète avec des cônes de signalisation métalliques sur la tête (pourquoi ?) ne font que souligner la maigreur de la distribution en personne de huit personnes. Baran, qui a co-créé Cages avec Benjamin K Romans, est un auteur-compositeur plutôt qu’un acteur, et cela se voit – il n’a rien de l’expressivité physique qui aurait pu faire de Woolf plus qu’une silhouette laborieuse. Le plus bel effet de la soirée a des gouttes de pluie virtuelles éclaboussant un vrai parapluie.

La partition, également de Baran et Romans, rappelle souvent les années 808 et Kanye West de l’époque de Heartbreak : beaucoup de synthés doom, de vocodeur et d’introspection. Le refrain de Madeline, Somebody’s Somebody, est un pâle écho à Save the Best for Last de Vanessa Williams, tandis qu’une lune chantante à visage humain rappelle The Mighty Boosh. Le seul hymne pop authentique (A Love Song) arrive trop tard pour sauver un deuxième acte riche en programmation au cours duquel le public saura exactement ce que l’on ressent lorsque l’on souffre d’anhédonie.

Aux Riverside Studios, Londres, jusqu’au 1er janvier.

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