Qu’advient-il de notre système dopaminergique lorsque nous subissons des événements aversifs ?

Une nouvelle étude au Institut néerlandais des neurosciences a examiné comment le système dopaminergique traite les événements désagréables aversifs.

Il est bien connu que le système dopaminergique joue un rôle crucial dans la motivation, l’apprentissage et le mouvement. L’une des principales fonctions de la dopamine est de prédire la survenue d’expériences enrichissantes et la disponibilité des récompenses dans notre environnement. Dans ce contexte, le système dopaminergique informe notre cerveau des soi-disant «erreurs de prédiction des récompenses» – la différence entre les récompenses reçues et prévues. Les neurones dopaminergiques deviennent plus actifs lorsqu’une récompense se produit de manière inattendue ou si elle est plus importante que prévu, et ils montrent une activité déprimée lorsque nous recevons moins de récompense que prévu. Ces signaux d’erreur nous aident à apprendre de nos erreurs et nous apprennent à vivre des expériences enrichissantes.

Stimuli gratifiants contre stimuli aversifs

Alors qu’un grand nombre d’études se sont concentrées sur la relation entre la libération de dopamine et les stimuli de récompense, peu se sont penchées sur l’effet des stimuli désagréables et aversifs sur la dopamine. Bien que les résultats de ces quelques expériences aient été incohérents, il est devenu clair que les stimuli aversifs ont un impact sur le système dopaminergique. Mais il y a un débat actif parmi les neuroscientifiques sur le rôle précis que jouent les neurones dopaminergiques dans le traitement des stimuli aversifs : leur activité change-t-elle en réponse à des événements aversifs ? Prédisent-ils des événements aversifs ? Encodent-ils une erreur de prédiction aversive ?

Nouvelles découvertes sur le rôle de la dopamine dans les événements aversifs

Une nouvelle étude au Institut néerlandais des neurosciences a examiné comment le système dopaminergique traite les événements aversifs. L’équipe autour de la doctorante Jessica Goedhoop et du chef de groupe Ingo Willuhn a exposé des rats à un bruit blanc en combinaison avec des stimuli qui prédisaient le bruit blanc, tout en mesurant la libération de dopamine dans le cerveau. Le bruit blanc est un exemple bien connu de stimulus auditif désagréable pour les rats.

Les chercheurs ont découvert que la libération de dopamine diminuait progressivement lors de l’exposition au bruit blanc. De plus, après une présentation cohérente, les stimuli survenus quelques secondes avant l’exposition au bruit blanc ont commencé à avoir le même effet dépresseur sur les neurones dopaminergiques. Cependant, contrairement à la façon dont elle traite les récompenses, la dopamine n’a pas encodé une erreur de prédiction pour ce stimulus aversif. Globalement, cette nouvelle étude démontre que le système dopaminergique aide le cerveau à anticiper la survenue et la durée d’événements désagréables, mais sans tenir compte des erreurs de prédiction.

Ingo Willuhn, responsable du groupe : « Il s’agit d’une étude très approfondie et systématique qui prend en compte de nombreuses variables. Les résultats nous permettent de mieux comprendre le rôle de la libération de dopamine dans le traitement des événements aversifs. Il y a un intérêt croissant pour le rôle de la dopamine dans l’aversion. Nous avons utilisé un nouveau stimulus aversif qui a permis de mener une analyse plus approfondie de la dopamine qu’auparavant.

Les drogues addictives détournent et amplifient les signaux de la dopamine et induisent des effets dopaminergiques exagérés et incontrôlés sur la plasticité neuronale. Cette étude nous rapproche de la compréhension du mécanisme sous-jacent à ce phénomène pathologique.

Source de l’histoire :

Matériel fourni par Institut néerlandais des neurosciences – KNAW. Remarque : Le contenu peut être modifié pour le style et la longueur.

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