Opinion: L’approche canadienne de l’immigration semble beaucoup plus intelligente que la nôtre

Le Canada vient de publier ses objectifs d’immigration pour 2023-2025, qui visent à faire passer l’immigration annuelle de 400 000 en 2022 à 500 000 en 2025.

L’augmentation souhaitée vise à maintenir la vigueur de l’économie canadienne, malgré l’une des populations les plus âgées au monde et les taux de natalité les plus bas. Le gouvernement rapporte plus d’un million d’emplois vacants à travers le Canada. Et l’immigration est devenue encore plus importante à la suite du COVID, qui a affaibli l’économie et augmenté les dépenses sociales.

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Le Canada compte quatre catégories d’immigrants cibles. La classe économique comprend des personnes ayant la formation, l’expérience de travail et la maîtrise de l’anglais ou du français requises, ainsi que des personnes ayant une expérience de travail au Canada ou des diplômés d’établissements canadiens. La catégorie du regroupement familial comprend les conjoints et les enfants de citoyens canadiens ou de résidents permanents, ainsi que les parents et grands-parents. Les derniers groupes sont ceux qui demandent la résidence pour des raisons humanitaires ou de réfugiés.

Pour ceux qui postulent sous l’égide économique, le gouvernement canadien propose un système d’entrée express en ligne. Les critères sont clairement décrits; le candidat reçoit une note basée sur l’âge, l’éducation, les compétences linguistiques et l’expérience de travail ; toutes les deux semaines, ceux qui obtiennent les scores les plus élevés sont invités à demander la résidence permanente; et les candidats peuvent s’attendre à recevoir leur statut de résident permanent dans six mois. Le coût semble être d’environ 1 135 CAD pour les tests et les vérifications des antécédents, et des frais supplémentaires similaires pour les personnes invitées à demander la résidence permanente.

Le système américain se caractérise par des « plafonds » plutôt que des « cibles », implique des années d’attente et des honoraires énormes pour les avocats. Plus important encore, nous ne reconnaissons pas l’importance de l’immigration économique. En 2019, le gouvernement américain a émis environ 1 million de cartes vertes pour la résidence permanente légale, dont près de 70 % sont allées à des proches et seulement 14 % à des créneaux liés à l’emploi (voir la figure 1).

De plus, l’activité totale d’immigration aux États-Unis est minime par rapport au Canada (voir la figure 2). Alors que la population des États-Unis est neuf fois supérieure à celle du Canada, notre nombre d’immigrants n’est que le double de celui du Canada et notre immigration fondée sur l’emploi est inférieure à la moitié.

Et ce n’est pas que nous n’avons pas besoin de plus de travailleurs. Comme le montre la figure 3, nous avons actuellement près de deux chômeurs pour chaque offre d’emploi.

Notre avenir ne s’annonce pas beaucoup plus brillant que celui du Canada en termes de vieillissement et de fécondité. Les deux pays projettent des parts très similaires de la population âgée de 65 ans et plus (voir la figure 4) et le taux de fécondité aux États-Unis n’est que légèrement supérieur à celui du Canada (voir la figure 5).

Bref, nous devrions réfléchir sérieusement à la mise à jour de notre politique d’immigration.

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